Les Potiers
d’Accolay
Des boutons imaginés pour la haute couture aux céramiques sur la route des vacances : l’histoire d’un atelier collectif qui a marqué tout un village.
Une histoire collective, à hauteur de village
Au lendemain de la guerre, Accolay devient le point de départ d’une aventure artistique et humaine singulière. Les Potiers d’Accolay ont fabriqué de la céramique pendant plus de quarante ans, de 1945 à 1989. Leur atelier a réuni tourneurs, décorateurs, techniciens et habitants du village.
Selon le dépliant établi à partir des documents des Amis d’Accolay, près de cinquante personnes y ont travaillé dans un village de moins de quatre cents habitants. Cette histoire appartient autant à la vie locale qu’à celle du design et des arts populaires de l’après-guerre.
Quatre amis, un atelier et des boutons
André Boutaud, Louis Dangon, Wladislaw « Slavik » Palley et H. Raudé se rencontrent pendant leur formation auprès du céramiste Alexandre Kostanda. Ils s’installent à Accolay en 1945, dans une maison proche d’un transformateur électrique. Leur première production : des boutons, broches et bijoux en céramique.
À leurs débuts, faute de four adapté, ils font cuire leurs boutons à Paris, reviennent à Accolay pour les émailler, puis repartent pour une seconde cuisson. Une commande destinée à la maison Christian Dior contribue à lancer leur activité. Les sources consultées situent cette commande autour de la collection « Corolle » de 1947 ; elles divergent sur l’année exacte de la commande.
Le passage aux poteries
Quand les boutons perdent du terrain face aux matières plastiques, l’atelier se tourne vers les pots, cruches, vases, pieds de lampe et assiettes décoratives. Élie Barachant apporte son savoir-faire de tourneur ; le charron d’Accolay Bernard Chevillard aide à construire les machines nécessaires à la production.
La technique aussi évolue : les artisans associent de l’argile de Provins à du verre broyé, issu notamment de verre médical. Les émaux et les engobes offrent une grande variété de textures et de couleurs. Chaque artisan apporte sa main, et les pièces ne se ressemblent pas toutes : c’est l’une des richesses de la signature « Accolay ».
La nationale 6, vitrine des vacances
La route qui mène les vacanciers vers le sud devient une formidable vitrine. Les premières expositions apparaissent près d’Accolay, à l’emplacement des anciens fours à chaux. D’autres lieux de vente ouvrent ensuite le long des grands axes, notamment à Arcy-sur-Cure, Appoigny et Vermenton.
Le magasin de Vermenton, sur la RN6, se distingue par son architecture moderne et trois poteries monumentales sur son toit. Il faut distinguer ce lieu de vente historique du studio « La Poterie » que nous proposons aujourd’hui à Vermenton : ce logement porte le nom de notre ensemble d’hébergements, sans être une ancienne habitation des Potiers.
Une période d’invention
Avec davantage de fours et de collaborateurs, l’atelier expérimente de nouveaux décors, émaux et formes. Le décorateur Raphaël Giarrusso, le céramiste Georges Pelletier et le sculpteur Pierre Merlier comptent parmi les artistes qui contribuent à cette effervescence. Aux objets du quotidien s’ajoutent des masques, des pièces murales et des luminaires.
À partir de la fin des années 1960, d’autres matériaux et techniques entrent dans les ateliers, et les luminaires prennent une place plus importante. Les créations s’exportent à l’étranger. Derrière chaque pièce se lit l’histoire d’un collectif qui n’a cessé d’essayer de nouvelles voies.
La fin de l’atelier, la mémoire du village
André Boutaud meurt en 1980. Confrontée à une concurrence croissante et à l’évolution des goûts, l’entreprise cesse ses activités en 1989. Ses créations restent aujourd’hui recherchées et documentées par les amateurs de céramique.
Les trois grands pots autrefois installés sur le magasin de Vermenton ont été sauvegardés et replacés à Accolay. Ils ponctuent encore la visite du village : une manière concrète de retrouver, au détour d’une promenade, la trace de cette aventure.
Accolay en images
Une vue ancienne d’exposition, puis des créations de l’atelier photographiées plus récemment. Ces images ne représentent pas nos hébergements.







Pour voir des photographies anciennes des ateliers, des magasins et des poteries géantes, consultez l’article illustré de Céramique Magazine et le dépliant des Amis d’Accolay.
Pour approfondir
Ce récit est une synthèse rédigée pour le site à partir des ressources suivantes. Les liens donnent accès aux textes originaux et à davantage de photographies.
- « En mémoire des poteries d’Accolay » — dépliant réalisé à partir des documents des Amis d’Accolay, hébergé par la commune de Vermenton (PDF, 2 pages).
- « Les poteries d’Accolay sur la route des vacances » — Céramique Magazine, récit détaillé et photographies anciennes.
- Collection de photographies des poteries d’Accolay — Wikimedia Commons, avec les crédits et licences de chaque image.
La découverte continue à Accolay.
Nos hébergements permettent de prendre le temps d’explorer le village et ses alentours.
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